Avec le retour des beaux jours, les moustiques s'invitent dans nos maisons, nos jardins et parfois nos nuits. Pour s'en protéger, les solutions ne manquent pas : sprays, diffuseurs électriques, spirales fumigènes, répulsifs… Mais certains de ces produits peuvent dégrader la qualité de l'air intérieur et exposer les occupants à des substances irritantes ou polluantes. Dans le même temps, le changement climatique favorise l'installation de nouvelles espèces, comme le moustique tigre, et accroît certains risques sanitaires. Comment se protéger efficacement tout en préservant l'air que l'on respire ?
Pourquoi les moustiques nous piquent-ils ?
Seules les femelles piquent. Elles ont besoin des protéines contenues dans le sang pour assurer la maturation de leurs œufs. Grâce à leur odorat très développé, elles repèrent leurs proies en détectant le dioxyde de carbone (CO₂) que nous expirons ainsi que certaines substances présentes dans notre sueur.
La démangeaison caractéristique apparaît lorsque le moustique injecte sa salive avant de prélever le sang. Cette salive contient des substances anticoagulantes qui provoquent une réaction inflammatoire plus ou moins importante selon les individus. C'est également par cette salive que certains virus peuvent être transmis.
Les mâles, quant à eux, ne piquent pas : ils se nourrissent exclusivement du nectar et des sucs végétaux.
Tous les moustiques ont un point commun : leurs larves se développent dans l'eau stagnante, qu'il s'agisse d'une mare naturelle ou d'une simple soucoupe de pot de fleurs.
Répulsifs et insecticides : attention à l'air que l'on respire
Pour se protéger des moustiques, de nombreux produits sont disponibles. Les répulsifs les plus efficaces contiennent généralement du DEET, de l'icaridine ou de l'IR3535, des substances reconnues par les autorités sanitaires pour leur efficacité lorsqu'elles sont utilisées conformément aux recommandations.
Les spirales anti-moustiques, en revanche, méritent une vigilance particulière. Leur combustion émet des particules fines et différents composés irritants susceptibles d'altérer la qualité de l'air intérieur. Mieux vaut les réserver à un usage extérieur ou dans des espaces très bien ventilés.
Les insecticides diffusés par aérosols ou prises électriques contiennent souvent des pyréthrinoïdes (transfluthrine, tétraméthrine, pralléthrine, etc.). Efficaces contre les moustiques, ces substances peuvent également contribuer à la pollution de l'air intérieur et présentent des risques pour l'environnement, notamment pour les organismes aquatiques. Leur utilisation doit rester ponctuelle et raisonnée.
Changement climatique : un terrain favorable aux moustiques
La température, les précipitations et l'humidité influencent directement le cycle de vie des moustiques. Des températures plus élevées accélèrent le développement des larves et permettent aux adultes de se reproduire plus rapidement. Les saisons favorables s'allongent également.
Le changement climatique favorise ainsi l'installation de certaines espèces dans des régions auparavant trop froides. Les risques sanitaires augmentent alors, notamment lorsque des personnes infectées par un virus à l'étranger reviennent dans une zone où les moustiques vecteurs sont présents.
L'Organisation mondiale de la santé estime aujourd'hui qu'environ la moitié de la population mondiale est exposée au risque de dengue.
Le moustique tigre, symbole de cette expansion
Originaire d'Asie, le moustique tigre (Aedes albopictus) est considéré comme l'une des espèces de moustiques les plus invasives au monde. Introduit en France métropolitaine en 2004, il a progressivement colonisé une grande partie du territoire.
Au 1er janvier 2026, il était implanté dans 83 des 96 départements métropolitains, soit 86 % du territoire.
Cette espèce peut transmettre plusieurs maladies virales, notamment la dengue, le chikungunya et le virus Zika. Son expansion s'explique à la fois par l'intensification des échanges internationaux et par des conditions climatiques de plus en plus favorables à sa survie.
Ses œufs sont particulièrement résistants : ils peuvent survivre plusieurs mois dans un environnement sec et éclore dès qu'ils retrouvent de l'eau.
Les bons gestes
La lutte contre les moustiques commence souvent autour de chez soi. Pour limiter leur prolifération et se protéger efficacement :
- Je supprime toutes les eaux stagnantes où les moustiques peuvent pondre (soucoupes, arrosoirs, gouttières, bâches, jouets, réservoirs ouverts, etc.) ;
- J'installe des moustiquaires aux fenêtres, autour des lits ou des poussettes, en particulier pour les jeunes enfants ;
- Je porte des vêtements couvrants, amples et de couleur claire ;
- J'utilise un ventilateur lorsque c'est possible, les moustiques étant peu à l'aise dans les courants d'air ;
- J'applique un répulsif adapté sur la peau exposée ou les vêtements, en respectant les précautions d'emploi et les recommandations de la notice.
Contrairement à une idée reçue, les moustiques ne sont pas principalement attirés par la lumière. Ce sont surtout le CO₂ que nous expirons, notre chaleur corporelle et certaines substances présentes dans notre sueur qui les guident vers nous.
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