Chaque hiver, les virus respiratoires s’invitent dans notre quotidien : grippe, bronchiolite, Covid-19… Des millions de personnes sont touchées, et les lieux clos deviennent de véritables carrefours de contagion. Pourtant, une étude surprenante menée aux États-Unis montre que la transmission de la grippe n’est pas automatique : tout dépend de la toux, de la ventilation et de la proximité. Comprendre ces conditions permet de se protéger intelligemment et de traverser la saison des virus avec moins d’inquiétude.
Qu’est-ce qu’un virus ?
Un virus est une particule microscopique capable d’infecter une cellule et de se multiplier uniquement en utilisant ses ressources. Certains virus provoquent des maladies et sont alors considérés comme des germes pathogènes.
La plupart des virus mesurent moins de 250 nanomètres, bien plus petits que la plupart des particules en suspension dans l’air surveillées par Atmo BFC, qui peuvent atteindre 10 micromètres, soit environ 40 fois la taille d’un virus.
On recense plus de 120 virus responsables de maladies humaines. Certains sont courants et généralement peu graves, comme le rhume, la varicelle, la rougeole, la mononucléose ou l’herpès. D’autres peuvent entraîner des complications sérieuses voire mortelles, comme la grippe, le VIH, le SRAS, la grippe aviaire, la variole ou le virus Ebola.
Les voies de contamination
Les virus peuvent se transmettre de multiples façons : par l’air, l’eau, les aliments, le contact direct avec une personne, par des animaux ou via des objets contaminés.
La facilité de transmission dépend de la quantité de virus présente dans l’organisme et de leur localisation. Par exemple, le VIH, qui se trouve en faible quantité dans le sang et les sécrétions, se transmet surtout par contact sexuel. À l’inverse, la grippe se multiplie abondamment dans la muqueuse nasale : une personne infectée en éternuant ou en toussant projette le virus dans l’air et sur ses mains. Si une autre personne respire ces particules ou touche des surfaces contaminées, elle peut être infectée.
Les virus aéroportés les plus connus sont la grippe, la varicelle, la rougeole et, plus rarement, la tuberculose.
De l’importance de se couvrir le nez et la bouche
Les virus se propagent très facilement par de minuscules gouttelettes projetées lorsqu’une personne tousse ou éternue. L’éternuement est un réflexe involontaire qui expulse brusquement de l’air par le nez ou la bouche, déclenché par l’irritation de la muqueuse nasale ou par un corps étranger. Il sert à nettoyer les voies respiratoires de poussières, allergènes, bactéries ou virus.
Lorsque la muqueuse est irritée, elle envoie un signal au cerveau via le nerf trijumeau. Le cerveau commande alors la contraction des muscles respiratoires, provoquant l’expulsion de l’air à une vitesse pouvant atteindre 150 km/h. Les paupières se ferment souvent pour protéger les yeux, et l’air est dirigé vers le nez pour éliminer les impuretés.
Un éternuement peut propulser jusqu’à 40 000 gouttelettes de 0,5 à 12 micromètres. Les plus fines restent en suspension dans l’air plusieurs minutes et peuvent parcourir plusieurs mètres. La grippe, par exemple, est particulièrement contagieuse parce qu’elle peut se transmettre via ces fines gouttelettes en suspension, appelées aérosols, très riches en virus.
Pour limiter la transmission, il est recommandé d’éternuer dans un mouchoir à usage unique ou dans le creux du coude plutôt que dans les mains, afin d’éviter de contaminer les surfaces et les personnes autour.
La transmission de la grippe remise en cause ?
Contrairement aux idées reçues, la grippe ne se transmet pas automatiquement dès qu’une personne malade se trouve dans la même pièce. Une étude récente menée par l’Université du Maryland et publiée dans PLOS Pathogens a observé des personnes grippées vivant pendant plusieurs jours dans un espace clos avec des volontaires sains, multipliant les interactions du quotidien et partageant des objets. Malgré la proximité et le temps passé ensemble, aucun cas de transmission n’a été détecté.
Les chercheurs expliquent ce résultat par plusieurs facteurs. Les malades toussaient très peu, limitant la projection de virus dans l’air, et l’espace était constamment ventilé, ce qui a dilué les particules virales. L’étude montre donc que la transmission dépend non seulement de la présence du virus, mais aussi de l’intensité des symptômes, de la qualité de l’air et de la sensibilité des personnes exposées. Les auteurs soulignent que la grippe reste contagieuse, surtout dans des lieux clos et mal ventilés, et que certaines mesures simples sont efficaces pour réduire le risque : aérer régulièrement, améliorer la ventilation et porter un masque en cas de contact rapproché avec une personne malade.
Cette expérience confirme que comprendre les conditions réelles de transmission permet de se protéger de manière plus ciblée, sans céder à la peur automatique dès qu’un malade est présent dans la même pièce (Source : Lai & Milton, 2022, PLOS Pathogens).
Les bons gestes
- Je lave mes mains régulièrement avec de l’eau et du savon ou une solution hydroalcoolique
- Je tousse et éternue dans mon coude ou dans un mouchoir à usage unique, puis le jette
- Je porte un masque en cas de symptômes ou lors de contact avec des personnes fragiles
- J’aère régulièrement les pièces de mon logement ou de mon lieu de travail, plusieurs fois par jour, pour renouveler l’air
- Je me fais vacciner contre la grippe et le Covid-19, surtout si je suis à risque (plus de 65 ans, femmes enceinte, personnes atteintes d’une maladie chronique et/ou immunodéprimées, jeunes enfants, notamment les nourrissons de moins de 6 mois pour la bronchiolite et la grippe)
- Je garde mes distances et limite les contacts rapprochés avec les personnes malades
- Je nettoie les surfaces fréquemment touchées et évite de partager des objets personnels
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