Faire le ménage est essentiel pour maintenir un logement propre et sain. Pourtant, derrière cette bonne habitude se cache un paradoxe : certains produits et gestes de nettoyage peuvent dégrader la qualité de l’air intérieur. En effet, si l’objectif est d’assainir son environnement, l’utilisation de produits ménagers peut libérer des substances chimiques dans l’air que nous respirons. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions simples pour limiter ces impacts sans renoncer à l’efficacité.
Des produits du quotidien… riches en substances chimiques
Au quotidien, nous utilisons une grande variété de produits : eau de Javel, lessives, liquides vaisselle, dégraissants, détachants, détartrants, nettoyants WC, désinfectants, décapants, désodorisants, cires, lustrants, détergents, déboucheurs…
Pour être efficaces, ces produits contiennent souvent des substances dites « actives » ainsi que des solvants. Leur rôle : dissoudre les salissures, désinfecter ou parfumer. Mais ces composants peuvent aussi se retrouver dans l’air intérieur sous forme de gaz ou de vapeurs.
Résultat : lors de leur utilisation — et parfois même pendant leur stockage — ces produits émettent des polluants, notamment des composés organiques volatils (COV).
Les Composés Organiques Volatils, vaste famille de polluants chimiques
Les composés organiques volatils (COV) regroupent une grande famille de substances chimiques capables de se diffuser facilement dans l’air. Parmi eux : le formaldéhyde, le benzène, l’acétone ou encore l’éthanol.
On les retrouve dans de nombreux produits et matériaux du quotidien : produits d’entretien, peintures, meubles, colles, cosmétiques… Ils peuvent être émis en continu ou lors de l’utilisation des produits.
Quels effets sur la santé ?
L’exposition aux COV et aux substances chimiques contenues dans les produits ménagers peut avoir des effets variés, selon la durée d’exposition, la concentration et la sensibilité des personnes.
À court terme, ils peuvent provoquer :
- des irritations des yeux, du nez et de la gorge
- des maux de tête
- des nausées
- des gênes respiratoires
Certaines personnes sont plus vulnérables, notamment les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes ou les personnes souffrant d’asthme ou d’allergies.
À long terme, une exposition régulière à certains COV peut entraîner des effets plus graves :
- une diminution des capacités respiratoires
- une aggravation de maladies chroniques (asthme, bronchites…)
- des effets sur le système nerveux
- pour certaines substances (comme le benzène ou le formaldéhyde), un risque accru de cancers
Il est donc important de limiter autant que possible l’exposition à ces polluants dans l’air intérieur.
Des alternatives plus saines pour entretenir son logement
Bonne nouvelle : il est possible de nettoyer efficacement son logement tout en limitant les polluants.
Des produits simples, souvent déjà présents dans les placards, peuvent remplacer de nombreux produits industriels :
- Le bicarbonate de soude : nettoie, désodorise et aide à déboucher
- Le savon noir : dégraisse et nettoie en douceur
- Le vinaigre blanc : détartre et fait briller de nombreuses surfaces
- Le citron : nettoie, désodorise et apporte une odeur fraîche
Ces alternatives émettent généralement moins de polluants dans l’air intérieur. En effet, selon une étude de l’Ademe, les produits d’entretien faits maison à partir de ces ingrédients polluent moins l’air que leurs équivalents industriels.
Les bons gestes
Au-delà du choix des produits, les habitudes de nettoyage jouent un rôle essentiel dans la qualité de l’air intérieur. Quelques gestes simples permettent de limiter efficacement l’exposition aux polluants :
- Aérer les pièces pendant et après le nettoyage, afin d’évacuer les substances émises
- Privilégier des méthodes sans produits chimiques : vapeur, microfibres, chiffons humides…
- Choisir des produits non parfumés, souvent moins émissifs
- Respecter les recommandations du fabricant (dosages, conditions d’utilisation)
- Rincer les surfaces après nettoyage, pour éviter les résidus chimiques
- Limiter le nombre de produits utilisés simultanément, afin d’éviter les mélanges et les émissions cumulées
- Adapter les quantités aux besoins réels, sans surdoser
- Réduire la présence dans les pièces en cours de nettoyage, en particulier pour les personnes sensibles
Pour les publics les plus vulnérables — femmes enceintes, jeunes enfants, personnes souffrant de pathologies respiratoires — ou pour celles et ceux qui souhaitent réduire au maximum leur exposition, certaines précautions supplémentaires sont recommandées, notamment par l’Ademe :
- Fabriquer ses propres produits ménagers, à partir d’ingrédients simples et peu transformés
Attention ! Cela nécessite toutefois de respecter certaines règles de sécurité : ne jamais mélanger vinaigre et eau de Javel, éviter le surdosage d’huiles essentielles, ou encore ne pas verser de grandes quantités de vinaigre dans les canalisations. - Limiter l’usage des huiles essentielles : une odeur agréable ne garantit ni l’innocuité ni l’efficacité d’un produit
Adopter ces gestes au quotidien permet de concilier propreté du logement et préservation de la qualité de l’air intérieur, sans multiplier les contraintes.
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